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SOMMET DE LA CEDEAO À LUNGI : Le Senegal porte le flambeau d’une intégration renouvelée

Par Joseph Kama · Publié le · 4 min de lecture

Réunie ce 19 juillet 2026 à Lungi, en Sierra Leone, la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO a marqué un tournant historique pour la sous-région. Sous l’égide d’un leadership sénégalais désormais aux commandes, avec l’élection du Président Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice et la nomination du Général Birame Diop à la tête de la Commission, l’organisation a scellé un pacte d’unité face aux défis sécuritaires et économiques. Entre la promesse de la monnaie unique « ECO » pour 2027 et la mise en branle d’une force antiterroriste régionale, ce sommet dessine les contours d’une Afrique de l’Ouest souveraine, résolue à préserver sa cohésion face aux mutations géopolitiques mondiales.

C’est dans l’atmosphère solennelle de la République de Sierra Leone que s’est tenu ce sommet, en marge des réflexions sur le futur de l’intégration régionale. La rencontre, présidée par S.E. Dr Julius Maada Bio, a vu la participation de nombreuses figures de proue de la région, témoignant de l’importance des enjeux abordés. L’événement majeur de cette session restera sans nul doute la consécration de la diplomatie sénégalaise. S.E. Bassirou Diomaye Faye a été élu Président en exercice de la Conférence pour un mandat d’un an, succédant au Dr Julius Maada Bio. Parallèlement, le Général Birame Diop a été nommé Président de la Commission de la CEDEAO pour le mandat 2026-2030, la Conférence saluant son expertise stratégique pour piloter les réformes communautaires.

Outre ces nominations, le Sénégal a été investi d’une mission de médiateur pour la Guinée-Bissau. Dakar devra accompagner ce pays frère vers son référendum constitutionnel du 30 août et ses élections générales de décembre 2026, tout en plaidant pour l’inclusivité et la libération des détenus politiques.

Souveraineté économique : Le cap de l’ECO en 2027

Sur le plan économique, la CEDEAO maintient fermement son ambition monétaire. La Conférence a réitéré son engagement pour le lancement de l’ECO dès 2027, une étape qui débutera avec les États remplissant les critères de convergence. Une avancée symbolique a été notée avec l’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’OAPI.

Les dirigeants ont toutefois exprimé leur préoccupation face aux arriérés du prélèvement communautaire, essentiel au financement des institutions. Par ailleurs, face à la crise alimentaire, l’accent a été mis sur la souveraineté rizicole pour réduire la dépendance aux importations. Les chefs d’État ont également encouragé les infrastructures stratégiques, telles que le projet de Gazoduc Afrique-Atlantique en partenariat avec le Maroc, et la réduction des coûts du transport aérien, citant en exemple la Côte d’Ivoire.

Sécurité et Stabilité : Le rempart contre le terrorisme

Face à la dégradation sécuritaire au Sahel, la CEDEAO passe à l’offensive. Une feuille de route a été approuvée pour la mise en service d’une brigade antiterroriste régionale, dont la pleine capacité opérationnelle est visée pour juillet 2027. Les gouvernements de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigéria devront s’accorder sur l’emplacement de son quartier général.

Concernant les relations avec l’Alliance des États du Sahel (AES), la Conférence a prolongé le mandat du médiateur Lansana Kouyaté jusqu’en décembre 2026. La consigne est claire : les négociations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger doivent se faire sous forme d’un bloc unifié pour éviter tout effritement de la cohésion régionale.

Diplomatie et Valeurs : Condamnation de la xénophobie

Le sommet a également été le théâtre d’une prise de position ferme contre les attaques xénophobes en Afrique du Sud. La CEDEAO a exhorté Pretoria à protéger les ressortissants ouest-africains et a soutenu l’initiative du Ghana de porter ce débat devant l’Union Africaine.

Sur le plan intérieur, les chefs d’État ont adopté une déclaration historique sur la parité hommes-femmes dans la représentation politique. Ils ont également félicité les nouveaux présidents élus, notamment Romuald Wadagni au Bénin et Mamadi Doumbouya en Guinée, tout en saluant le geste de réconciliation du Président Bio en Sierra Leone, qui a levé les poursuites contre son prédécesseur Ernest Bai Koroma.

Enfin, un hommage appuyé a été rendu à la République populaire de Chine pour le don du nouveau siège de la CEDEAO à Abuja, symbole d’un partenariat international renforcé. En clôturant les travaux, les chefs d’État ont exprimé leur gratitude au peuple sierra-léonais, tournant désormais leurs regards vers Dakar pour la suite de cette odyssée communautaire.

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