Au Sénégal, nous faisons rarement les choses comme les autres. Le sélectionneur national Pape Thiaw a été remercié tard dans la nuit du samedi 11 juillet 2026 pour mauvais résultats au Mondial américain. Et après ?
Quel technicien pour piloter la tanière ?
Comment trouver un modus operandi qui arrange toutes les parties pour payer intégralement les indemnités de Pape Thiaw et tourner sa page à lui ?
Quel avenir pour des Lions du Sénégal grands professionnels devant l’Eternel mais qui ont la malchance d’être dirigés sur le plan administratif par une fédération sénégalaise de football qui étale au quotidien un amateurisme marron de nature à inquiéter les plus optimistes d’entre nous ?
Avec le recul, il est évident que la gestion du contrat de Pape Thiaw a été une véritable catastrophe qui a en filigrane plombé la participation des Lions a la coupe du monde.
Ce coach national dont le contrat a été signé in- extremis à la veille du deuxième match de groupe ( Sénégal/ Norvège) a visiblement travaillé dans un environnement très toxique. Le pire c’est qu’il a fallu l’intervention du Président de la République pour qu’il daigne embarquer avec ses troupes afin d’aller s’acquitter de son devoir républicain en Amérique. Cela en dit long sur la légèreté avec laquelle le cas- Thiaw a été traité.
Dans un pays normal, ceux qui ont maltraité le technicien en amont seraient tous virés à leur retour du Mondial tout simplement parce que le Chef de l’État a fait le job à leur place.
Mais il faut également comprendre les subtilités voire les incongruités du monde du football de haut niveau. La FIFA sanctionne lourdement ce qu’elle appelle avec une délicatesse non feinte les « ingérences » des États sur la marche du Game. On comprend aisément que la fédé du duo Abdoulaye Fall/ Abdoulaye Sow surfe sur ce principe intangible pour poursuivre allègrement une mission qui n’agrée point la majorité des amoureux du football au Sénégal.
On assiste donc à une forme de caporalisation d’un football sous coupe réglée.
Oui, il faut oser le dire et le ressasser, le football sénégalais est pris en otage par des profils qui ont déjà étalé toutes leurs carences au regard de leur gestion cavalière et de la gestion lunaire et catastrophique du cas Pape Thiaw. C’est la triste réalité.
C’est d’ailleurs cette crainte de recevoir les foudres de la toute- puissante FIFA qui explique les valses- hésitations d’un ministère des sports qui nage dans le clair- obscur en tentant de manière pitoyable de ménager la chèvre et le chou.
La presse avait en début de semaine informé que l’État du Sénégal avait formellement refusé de prendre en charge le paiement des émoluments de Pape Thiaw suite à la rupture du contrat par la fédé, soit 8 mois de salaire en sus d’autres indemnités…
Le semblant de démenti apporté par un media contrôlé par un membre influent de la fédé achève de nous persuader qu’il y a anguille sous roche.
Le ministère des sports et la fédération sénégalaise de football ne sont pas de mèche. On peut à priori leur concéder cela mais les deux instances ont l’obligation de trouver rapidement une solution à l’amiable pour évacuer le cas Pape Thiaw et installer un climat de sérénité dans la tanière.
Les éliminatoires de la prochaine CAN sont prévus en septembre contre le Mozambique et l’Éthiopie…Le nom de Patrick Vieira circule avec insistance et tout porte à croire qu’il sera le patron des Lions dans quelques jours. Nous lui souhaitons la bienvenue en lui déroulant le tapis rouge.
Faudrait-il d’ailleurs le rappeler. Vieira, natif de Dakar, est un valeureux concitoyen qui a joué …pour la France comme Ibrahim Ba, Oumar Dieng, Bafé Gomis,Boubacar Kamara et autres Etienne Mendy. Mais il ne faut pas oublier qu’il a déjà investi dans ce pays d’autant qu’il fait partie des promoteurs de l’Institut Diambars de Saly en compagnie de Saer Seck, Jean Marc Adjovi- Bocco, Bernard Lama…Autrement dit, il peut valablement réclamer sa part dans la réussite de ces académies qui nous ont fourni Sadio Mané, Gana Guèye, Ismaila Sarr etc.
Donc Vieira ne sera pas un étranger chez lui… Il faut juste diffuser des ondes positives en lui souhaitant bonne chance.


