Le Sénégal franchit une nouvelle étape décisive dans la modernisation de sa filière conchylicole. Présidé ce lundi 10 août 2026 par El Hadji Mady FAYE, Directeur des Industries de transformation de la Pêche (DITP), le lancement officiel des sessions de renforcement des capacités des agents de terrain a donné le coup d’envoi d’un ambitieux chantier : doter le pays d’un système performant de contrôle et de certification sanitaire des coquillages.
Agissant au nom du Ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Mme Amy Mara Dièye, le Directeur Faye a procédé à l’ouverture d’une formation destinée à 100 techniciens de pêche et d’aquaculture. Un effectif à la hauteur des enjeux, tant la tâche qui attend ces agents dépasse le simple cadre technique pour toucher à la sécurité alimentaire, à la santé publique et à la compétitivité économique du pays.
Un programme soutenu par l’Europe et l’Allemagne
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme FISH4ACP, financé conjointement par l’Union européenne (UE) et le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ). Mise en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en étroite collaboration avec le Ministère des Pêches et de l’Économie maritime et ses partenaires, cette action témoigne de la mobilisation de la communauté internationale en faveur de la pêche durable en Afrique.
Le programme FISH4ACP ne se limite pas à une simple question de formation technique. Il contribue à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à la prospérité économique et à la création d’emplois, tout en garantissant la durabilité économique, sociale et environnementale de la pêche et de l’aquaculture en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique. Un cadre global qui donne à cette formation ses véritables lettres de noblesse.
Quatre axes majeurs de renforcement des capacités
Le contenu pédagogique de cette session a été conçu pour répondre aux défis concrets du terrain. Les 100 agents seront formés sur quatre volets essentiels :
En premier lieu, les procédures de classement et de gestion des alertes sanitaires des zones de production et de repartage des coquillages, afin de garantir une surveillance continue des espaces naturels d’exploitation. Ensuite, les dispositions techniques et les procédures d’agrément des exploitations conchylicoles, gage d’une production structurée et conforme aux normes. S’ajoutent les règles d’hygiène spécifiques applicables aux exploitations et aux produits conchylicoles, ainsi que les procédures de contrôle et de certification sanitaire des produits destinés à la consommation.
Une filière élevée au rang de priorité stratégique
Dans son allocution, M. Mady Faye est longuement revenu sur le développement de la filière des coquillages, qu’il a érigée aujourd’hui en priorité stratégique pour le Sénégal. Selon lui, cette filière offre des opportunités considérables dans plusieurs domaines : la sécurité alimentaire, la création d’emplois, l’autonomisation des femmes, le développement de l’aquaculture et la diversification des exportations.
Autant d’atouts qui font de la conchyliculture un levier potentiel de transformation économique des zones côtières. Toutefois, a-t-il souligné avec justesse, la réussite de cette réforme repose en grande partie sur les compétences des agents de terrain. D’où l’importance cruciale de cette formation, conçue comme le socle du dispositif à venir.
La FAO en première ligne
Prenant la parole au nom de l’organisation internationale, Madame Codou Diop, représentante de la FAO, a insisté sur les résultats attendus à l’issue de cette session de renforcement des capacités. Selon elle, plusieurs actions sont d’ores et déjà entreprises avec l’appui de la FAO pour permettre aux produits conchylicoles sénégalais d’accéder aux marchés internationaux.
Parmi ces actions figure l’identification de 50 sites de production conchylicoles, la détermination de leur profil de risque, l’ébauche de leur classement sanitaire et la mise à niveau du corpus réglementaire. 08 de ces sites, dits « pilotes », ont ensuite été sélectionnés et suivis afin d’y déployer un système de gestion sanitaire visant une reconnaissance nationale, sous-régionale et internationale.
À cela s’ajoute l’accompagnement des acteurs de la filière par les techniciens formés, dans le but d’améliorer leurs conditions de travail et d’asseoir une production de qualité, compétitive et respectueuse des normes sanitaires les plus exigeantes.
Vers la reconnaissance internationale des coquillages sénégalais
Au-delà du simple renforcement de capacités, c’est tout un écosystème de la conchyliculture qui se structure. L’ambition est claire : faire des coquillages sénégalais des produits dignes des standards internationaux, capables de conquérir les marchés mondiaux tout en garantissant la sécurité des consommateurs locaux.
Si la route est encore longue, la mobilisation des acteurs , État, organisations internationales, techniciens et producteurs, laisse entrevoir des perspectives prometteuses. Cette formation constitue sans conteste un jalon majeur dans la construction d’une filière conchylicole moderne, sûre et durable au Sénégal.


