Dix-huit ans après son rappel à Dieu, l’ombre de l’Imam Assane Cissé continue de planer sur Médina Baye. Né le 4 décembre 1945 à Kaolack, ce petit-fils d’El Hadji Ibrahima Niasse n’était pas seulement un chef religieux. Il incarnait l’alliance parfaite entre l’érudition islamique traditionnelle et les exigences du monde contemporain.
Un intellectuel aux horizons mondiaux
Dès son plus jeune âge, sous l’aile protectrice de son grand-père Baye Niasse, il s’imprègne des sciences du Coran. Mais son parcours ne s’arrête pas aux portes du daara. Poussé par son mentor à « formaliser » son savoir, il entreprend un périple académique impressionnant qui le mène de la Mauritanie à l’Égypte, puis vers les pays anglo-saxons.
Polyglotte maîtrisant au moins douze langues, il réussit le tour de force de concilier les enseignements de la Fayda avec les études universitaires occidentales, obtenant licence et maîtrise avant de préparer un doctorat. Ce profil unique lui permet de refuser des offres prestigieuses dans le secteur bancaire pour se consacrer, sur ordre de son grand-père, à la quête insatiable de la connaissance au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Un imam au service de la cité Devenu imam de la grande mosquée de Médina Baye en 1982 à la suite de son père, Seydi Alioune Cissé, il avait déjà reçu l’onction spirituelle dès l’âge de 23 ans en dirigeant la prière devant ses illustres aînés. Au-delà du minbar, son influence était planétaire : président de l’Institut africain américain (IIAA) et du ROIAPD, il mettait sa piété au service du développement et de la population.
Décrit par son frère, Cheikh Mahi Cissé, comme un « citoyen sénégalais modèle », il se distinguait par une discrétion telle que beaucoup ignoraient son statut de guide mondial. Sa vie était un sacerdoce éducatif : chaque jour, après la prière de 14 heures, il transmettait son savoir à ses disciples, perpétuant ainsi la tradition de Baye Niasse.
Une fin à l’image d’une vie de dévotion Le destin de l’Imam Assane Cissé s’est accompli de manière fulgurante à l’âge de 63 ans. Sans signe avant-coureur de maladie, il s’est éteint à l’aube après avoir dirigé les cinq prières de la veille avec sa communauté. Pour ses proches, ce départ soudain témoigne d’une vie accomplie, l’homme s’en allant « sans emporter une dette de prière ».
Aujourd’hui, son parcours demeure une source d’inspiration pour la Tidianiya, marquant l’histoire de la Fayda par une empreinte intellectuelle et spirituelle indélébile


