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BRAS DE FER AUTOUR DE LA CORNICHE OUEST : La Ville de Dakar fait bloc derrière Abass Fall et fustige « la voie de fait » de l’AGETIP

Par Joseph Kama · Publié le · 4 min de lecture

Réuni d’urgence le samedi 22 août 2026, le Bureau municipal de Dakar, élargi aux Secrétaires élus et aux Présidents de commissions, a exprimé sa vive indignation face aux démolitions opérées sur la Corniche Ouest. Qualifiant ces actes de « voie de fait » inacceptable dans un État de droit, l’institution municipale dénonce un coup de force réglementaire et apporte son soutien total et indéfectible au maire Abass Fall.

L’incompréhension et la colère dominent à l’hôtel de ville de Dakar. Ces démolitions unilatérales interviennent alors même que des négociations étaient activement menées pour aboutir à un compromis mutuellement avantageux entre les deux parties. Par ailleurs, le Bureau municipal rejette catégoriquement les justifications du Directeur Général de l’AGETIP : l’enveloppe d’appui financier de cinq (5) milliards de francs CFA octroyée par l’État n’a aucun rapport avec le litige de la Corniche Ouest. Pour la municipalité, ce financement ne saurait en aucun cas légitimer la destruction d’infrastructures publiques appartenant aux Dakarois.

Surenchère et logique de blocage à l’aube des JOJ 2026
Cette épreuve de force survient à un moment particulièrement critique, à la veille des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) 2026. En tant que ville hôte de cet événement planétaire, Dakar a déjà consenti un effort budgétaire colossal s’élevant à plus de treize (13) milliards de francs CFA d’investissements pour la réhabilitation des infrastructures sportives, les aménagements urbains, l’éclairage public et le « branding » de la capitale.

C’est dans cette dynamique, et sous la sollicitation expresse du COJOJ, que la municipalité avait entrepris la modernisation de la Corniche Ouest à travers trois chantiers ayant reçu l’accord initial de l’AGETIP : le renforcement de l’éclairage public, la réhabilitation du terrain de basket de l’IFAN (en partenariat avec la Basket African League – BAL) et le renouvellement de l’espace sportif sino-sénégalais. Le Bureau municipal déplore que l’AGETIP, après la réception et l’appropriation joyeuse de ces équipements par les populations, ait basculé dans une posture de blocage systématique, allant jusqu’à refuser d’étudier les quatre sites alternatifs proposés par la Ville pour accueillir son projet d’infrastructure dénommé « Dragon ».

Un fâcheux accroc à la diplomatie territoriale

Au-delà de la discorde locale, le différend prend une tournure internationale regrettable. Dans sa communication, l’AGETIP a publiquement qualifié ces installations sportives de simples « petits équipements de musculation ».

Le Bureau municipal dénonce avec vigueur cette rhétorique méprisante, y voyant un manque d’élégance flagrant envers la République Populaire de Chine, donatrice de ces équipements sportifs dans le cadre de la coopération décentralisée. Pour la Ville, réduire ce geste d’amitié bilatérale à de banals agrès fragilise inutilement les relations de confiance de la capitale avec ses partenaires et porte un coup direct au rayonnement de la diplomatie territoriale dakaroise.

L’artifice juridique de l’AGETIP mis à nu

Sur le plan du droit, la municipalité oppose une fin de non-recevoir rigoureuse aux arguments de l’AGETIP. Pour s’octroyer un semblant de légalité, l’AGETIP s’appuie sur le décret N° 2021-1055 du 02 août 2021 déclarant le site d’utilité publique. Or, le Bureau rappelle que ce texte, assorti d’une validité légale de trois ans, est frappé de caducité absolue depuis le 02 août 2024. Invoquer en 2026 un acte juridique éteint depuis deux ans pour raser des biens collectifs relève d’une légèreté administrative déconcertante.

La violation caractérisée des lois sur l’urbanisme et la décentralisation

En vertu de l’article 297 du Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) et de l’article 10 de la loi 2023-20 du 29 décembre 2023 portant Code de l’urbanisme, l’État a l’obligation formelle de solliciter l’avis préalable du Conseil Municipal avant toute prise de décret affectant le domaine situé sur le territoire de la commune. Faute d’impératifs de défense nationale ou de maintien de l’ordre public (seules exceptions légales), cette omission bafoue délibérément le principe de gestion inclusive prévu par l’article 3 du Code de l’urbanisme.

Le droit légitime à l’aménagement

La Ville de Dakar tient à préciser qu’elle ne revendique aucune compétence sur l’affectation ou la désaffectation du Domaine Public Maritime (DPM), qui relève de l’État. Néanmoins, elle réaffirme avec force son droit inaliénable de l’aménager au profit des populations, conformément aux articles 293 et suivants du CGCT.

Soutien indéfectible au Maire et appel au dialogue

Tout en regrettant l’arbitrage jugé tendancieux du Premier ministre dans ce dossier, le Bureau municipal réitère son soutien total au maire Abass Fall, érigé en sentinelle du patrimoine communal. Déterminée à user de toutes les voies de recours légales pour exiger la réparation intégrale du préjudice subi, la Ville de Dakar n’en oublie pas pour autant le sens des responsabilités. Elle appelle l’État central à un dialogue franc, sérieux et constructif, afin de préserver l’intérêt supérieur des citoyens de la capitale et d’assurer le plein succès des JOJ 2026.

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