Le FMI a parfois l’art de dire les choses sans les dire. Dans son communiqué de ce 1er septembre sur le Sénégal, il évoque pudiquement un « cas passé de communication d’informations erronées ». Puis il réclame des « actions résolues » pour corriger ces « problèmes de déclaration erronée » et éviter que cela ne recommence.
En français courant, cela donne quoi ? Les chiffres transmis à l’époque n’étaient pas les bons. Et pas seulement à cause d’une virgule égarée ou d’une calculette facétieuse. Le FMI parle de vulnérabilités révélées par des informations erronées sur les finances publiques. Le Fonds avait déjà établi que la dette de l’administration centrale avait dû être révisée de 74,4 % à 111 % du PIB fin 2023, principalement en raison de passifs jusque-là non déclarés. Alors, dette cachée ? Dette dissimulée ? Misreporting ? Communication d’informations erronées ? Chacun choisira son dictionnaire.
Mais une chose devient difficile à cacher derrière les précautions de langage : pendant des années, les chiffres officiels de la dette sénégalaise n’ont pas raconté toute l’histoire. Le FMI, lui, ne dit pas « mensonge ». Il dit « déclaration erronée ». C’est plus diplomatique. Les comptables apprécieront. Les contribuables, beaucoup moins.
Si. Di.


