À Bouno, dans la région de Sédhiou, l’érosion fluviale devient une urgence environnementale et sociale. Le village, installé sur la rive droite du fleuve Casamance, voit ses berges reculer année après année. Les habitants redoutent désormais une menace directe sur les concessions, les terres agricoles et les espaces communautaires.
Un village historique exposé à l’avancée des eaux
Bouno a longtemps vécu de l’agriculture, notamment du riz, de l’arachide et, plus récemment, de l’anacarde. Mais l’avancée du fleuve bouleverse cet équilibre. Plusieurs maisons ont déjà été déplacées vers l’intérieur du village, tandis que certains quartiers se retrouvent à seulement quelques mètres des eaux.
La situation devient particulièrement sensible pendant l’hivernage. La montée des eaux accroît les risques pour les enfants, les habitations et les infrastructures locales. Les populations tentent de protéger les berges avec des moyens limités, notamment en transportant des pierres pour ralentir l’érosion.
Salinisation des terres et isolement économique
L’érosion à Bouno ne touche pas seulement les habitations. La salinisation progressive des terres réduit la fertilité des rizières, autrefois au cœur de la sécurité alimentaire locale. Les femmes, très présentes dans les activités agricoles, manquent de plus en plus d’espaces cultivables.
Le village souffre aussi d’un déficit de transport. Une seule pirogue assure la liaison quotidienne avec les localités voisines, ce qui complique le déplacement des personnes, des marchandises et parfois des malades. Les habitants réclament des ouvrages de protection, une meilleure mobilité fluviale et une valorisation de la filière anacarde.
Source consultée : APS.


