« Air Sénégal dans la tourmente ». Tel est le titre d’une enquête publiée par Jeune Afrique le 21 septembre 2026. Tourmente, chiffres alarmants, pronostics funestes : le tableau dressé est celui d’une compagnie au bord du gouffre. Pourtant, interrogé en exclusivité par Confidentiel Afrique, le Directeur Général d’Air Sénégal, Tidiane N’diaye, apporte des réponses précises, documentées, qui rétablissent la vérité des faits. Entre les rumeurs et réalités, Confidentiel Afrique revient dans ce second et dernier jet du dossier AIR SENEGAL sur la situation juridique et judiciaire actuelle des Airbus A330 Néo et l’affaire Carlyle.
En exclusivité, Confidentiel Afrique titrait ce mercredi dans son édition électronique : Air Sénégal, la vérité implacable des faits sur la base d’informations recueillies auprès du Directeur Général de la compagnie aérienne nationale sénégalaise, Monsieur Tidiane NDIAYE.
Sur le registre de la situation juridique et judiciaire actuelle des Airbus A330 Néo, le patron du pavillon sénégalais ne prend pas de gants en livrant ses vérités crues.
« Ces avions font l’objet d’un contentieux avec Casamance Owner ,la SPV propriétaire des avions que la chambre commerciale de la haute cour de Londres a pris au mois de Février 2026 , une décision d’immobilisation en vue de la restitution des avions par l’effet de la résiliation du contrat de location pour lequel AIR SENEGAL SA devait payer des loyers. Ce qu’elle a d’ailleurs pu faire jusqu’au mois de Décembre 2025. Ce qu’il faut cependant relever est que la location des avions par AIR SENEGAL SA était un moyen de rembourser le financement à hauteur de70% du prix des avions . En effet ,lors de leur acquisition ,l’Etat du Sénégal avait versé le montant de 30% de leur prix et avait accepté l’emprunt de 70% auprès de partenaires Européens pour le solde .C’est ce remboursement qui devait faire l’objet de loyers ,le tout avec la garantie souveraine du Sénégal. Ce montage , ne constitue en vérité, qu’un mécanisme évitant l’immatriculation directe au nom de AIR SENEGAL SA avant le remboursement intégral qui doit se faire par le biais du paiement des loyers directement dans les comptes de Banco Santander qui a financé l’acquisition des avions à hauteur de 70%. C’est dire que sur le plan financier et juridique ,la résiliation des contrats de location n’entraine pas celle du contrat de financement qui demeure d’actualité et la raison en est qu’au delà des 30% du prix de leur acquisition ,AIR SENEGAL SA a remboursé plus de la moitié des prêts consentis. La moralité de tout cela est que tant que le contrat de financement n’est pas résilié ,les rapports juridiques et économiques découlant de ce contrat garanti par l’Etat du Sénégal demeurent d’actualité . C’est d’ailleurs le maintien de ce contrat qui justifie le récent appel à la garantie souveraine par les bailleurs et les réunions de rapprochement ces deniers mois entre les équipes de l’Ambassade de France au Sénégal et le Ministère des Transports Terrestres et Aériens.
Sur le plan judicaire, M. Tidiane NDIAYE lève le coin du voile : << Ce qui est d’une grande importance, au regard de la loi OHADA, et même du droit Sénégalais, les décisions rendues par les juridictions étrangères ne sont valables que lorsqu’elles font l’objet d‘exequatur. C’est seule une procédure d’exequatur qui pourra ainsi intégrer la décision dans l’ordonnancement juridique pour que les conséquences de droit y soient attachées et opposables à tous . En résumé à ce stade , du fait de tout ce qui précéde la propriété des avions n’est pas remise en cause pour AIR SENEGAL SA>>.
Lueurs d’espoirs sur l’affaire Carlyle
Sur le dossier Carlyle, le patron de la compagnie Air Sénégal remet les choses à leurs justes places. << Je m’inscris formellement en faux contre les affirmations gratuites et dénuées de tout fondement parues dans l’article publiés par le magazine jeune afrique au sujet du dossier Carlyle publié dans les colonnes de Jeune Afrique>>
Le Directeur Général livre des informations de taille. << Ces allégations qui procèdent d’une intention de nuire et ce n’est pas une première avec elle , cette volonté manifeste de désinformer l’opinion ne reposent sur aucune vérification ni source crédible .
Les 4 avions de Carlyle en chiffres de Août 2024 ( prise de fonction nouveau management ) à leur restitution juin 2025 .
– A319 immatriculé 6V-AMA est resté 195 jours inopérant ,soit un taux de disponibilité de 47%
-A319 immatriculé 6V-AMB est resté 321 jours inopérant ,soit 12% de disponibilité
-A321 immatriculé 6V-AMC est resté 268 jours inopérant soit 27% de disponibilité
-A321 immatriculé 6V-AMD est resté 365 jours inopérant, soit o % de disponibilité
Pendant ce temps d’indisponibilité, le loyer était dû et en sus fallait affréter en ACMI pour maintenir l’exploitation>>.
La compagnie avait décidé en toute responsabilité de la restitution des 4 avions dont l’un était depuis 3 ans stocké dans un centre de maintenance en Europe pour de sérieux problèmes mécaniques et diverses anomalies structurales et technique et l’autre depuis presque un an dans le même centre !
La compagnie avait décidé de ne plus payer de loyer et avait exigé que les réserves de maintenances avancées devaient servir à la remise onéreuse en service de ses avions
C’est de la est né le litige, dont l’issue a été à l’avantage de la compagnie et nos intérêts préservés .
Nous avons choisi la voie de la restitution et d’engager un bras de fer ayant permis de clarifier le périmètre de la flotte et ainsi éliminer à l’avenir une source récurrente de charges et d’incertitude contractuelles.
Par Chérif Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)


