Le président camerounais, Paul Biya, a trouvé une astuce originale pour pallier à son long silence du pays après son départ pour l’étranger. Plutôt que de se montrer, il préfère communiquer à travers la signature des décrets, dont certains touchent à des domaines sensibles tels que la défense.
Le 3 août dernier, Paul Biay a élevé 5 colonels au grade de général de division, tandis que d’autres organisent des mouvements de personnels militaires au sein du ministère délégué à la présidence chargé de la défense
Toujours dans cette dynamique, le 28 juillet, par décret du président de la République, chef des armées, un général était « admis en deuxième seconde section », formule consacrée pour parler de la mise à la retraite des officiers généraux au Cameroun.
Le secteur économique n’est pas en reste : le 30 juillet, un décret du chef de l’État habilitait le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à signer avec la Banque islamique de développement, des accords de financement d’un montant de près de 28 milliards de francs CFA. Cette activité présidentielle, pour ordinaire qu’elle puisse paraître, intervient dans un contexte sensible.
Cette stratégie de »communication par décret » utilisée comme un moyen d’assurer la population sur l’exerce effectif du pouvoir par Paul Biya, alimente plutôt les rumeurs sur son état de santé. Ses partisans multiplient des sorties médiatiques pour tenter de rassurer des citoyens inquiets sur ce séjour présidentiel hors pays pour une période inhabituelle. Paul Biya n’est ni visible ni audible depuis deux mois.


