Deux ans après son accession à la tête de la mairie de Ziguinchor, Djibril Sonko dresse un état des lieux sans complaisance. Entre la transformation structurelle de la capitale sud et sa lecture lucide de la situation politique et économique du pays, l’édile réaffirme ses priorités : le social, la transparence et la consolidation du parti Pastef dans son bastion naturel.
Le maire de Ziguinchor affiche un bilan d’étape dynamique, porté par des investissements concrets. Dans le domaine de l’éducation, la municipalité a livré 10 salles de classe pour la rentrée 2025 et sécurisé le foncier de cinq établissements par des murs de clôture. L’appui social se traduit également par une dotation annuelle de 30 millions de FCFA en fournitures scolaires et une commande imminente de 500 tables-bancs. Un projet majeur de cantine scolaire, chiffré à 655 millions de FCFA en partenariat avec la France, vient parachever cette ambition.
Sur le plan de la santé, l’édile mise sur la proximité et la motivation du personnel par la construction et la réfection de logements pour sages-femmes à Diabir, Soucoupapaye ou encore Belfort. La modernisation urbaine suit son cours avec l’installation de 450 lampadaires, bientôt complétée par un lot de 3 000 unités supplémentaires pour les zones périphériques. Si la pose de pelouses synthétiques dans les stades Jules François Bocandé et Pedro Gomis est actée, Djibril Sonko reconnaît toutefois les limites de l’action communale face à l’assainissement : il appelle l’État à moderniser un réseau d’évacuation vétuste datant des années 80.
Une gouvernance de proximité et de transparence
Au-delà des chiffres, Djibril Sonko revendique une méthode : le contact direct. Avec neuf visites de quartier à son actif, il prône un dialogue franc avec les populations pour distinguer les compétences de la commune de celles de l’État. « Nous voulons être au chevet des populations, même si cela dépasse parfois notre compétence », souligne-t-il, érigeant la transparence en pilier de sa gestion.
Pastef : un ancrage renforcé à Ziguinchor
Sur l’échiquier politique, le coordinateur départemental de Pastef se félicite de la vitalité de sa formation. Qualifiant Ziguinchor de « base naturelle » d’Ousmane Sonko, il salue l’engouement autour de la vente des cartes de membre, un outil statistique inédit au Sénégal. Face aux défections vers d’autres partis comme Kiraay, le maire reste de marbre, fustigeant un manque de principes chez ceux qui quittent le navire.
Concernant les échéances électorales, il se montre favorable au couplage des scrutins pour rationaliser les ressources publiques, tout en pointant la complexité technique de sa mise en œuvre dans le respect du calendrier républicain.
Une lecture critique de l’économie et de la diplomatie
Inspecteur du Trésor de formation, Djibril Sonko pose un diagnostic sévère sur la situation macroéconomique nationale, évoquant un déficit de 14 % et une dette publique abyssale. Il place toutefois ses espoirs dans le plan de redressement 2025-2028.
Enfin, l’édile n’hésite pas à porter le fer sur le terrain diplomatique et moral. Il s’oppose fermement à toute promotion internationale de l’ancien président Macky Sall, invoquant les « mains tachées de sang » suite aux crises passées. Il conclut en invitant les membres du gouvernement à ne pas confondre souverainisme et populisme, rappelant que la défense exclusive des intérêts du peuple sénégalais doit être leur unique sacerdoce.


