Huit civils, dont trois enfants ont été tués lors de frappes aériennes menées en juin dernier dans un village situé dans la région de Mopti par un avion de combat, Soukoï Su-24, indique Human Rights Watch dans un rapport rendu public.
« La première frappe à l’extérieur de la résidence du chef de village a tué deux de ses enfants, sa femme et un autre enfant et blessant une femme », précise l’ONG.
« La seconde a frappé un petit marché aux bestiaux situé à une vingtaine de mètres de là, tuant quatre hommes et en blessant deux autres. Aucun combattant d’un groupe armé islamiste ne figure parmi les victimes », a-t-il ajouté.
Des combattants du Front de libération du Azawad (FLA), mouvement séparatiste touareg, et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont mené ces derniers mois une série d’attaques contre la junte au pouvoir au Mali et ses alliés mercenaires russes.
Selon l’ONG, aucun combattant issu de groupes djihadistes armés ne figurait parmi les victimes.
« En donnant carte blanche aux autorités russes, le gouvernement malien doit être conscient qu’il est lui aussi responsable des atrocités commises par les forces alliées », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior de HRW pour le Sahel, dans ce communiqué.
L’Africa Corps a revendiqué l’attaque sur Facebook, décrivant la cible comme un lieu de rassemblement de groupes terroristes.
La publication comprenait des images des frappes sur un village.
Des témoins interrogés par HRW ont indiqué qu’au moins 100 combattants du JNIM, dont un commandant de haut rang, se trouvaient dans le village au moment des frappes.
Les dirigeants de la junte malienne avaient promis de rétablir le calme dans ce vaste pays, aux prises avec une crise sécuritaire depuis 2012, mais ils ont, jusqu’à présent, largement échoué à tenir leurs engagements.
La junte, arrivée au pouvoir à la suite de deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, s’est détournée de l’ancienne puissance coloniale, la France, pour se rapprocher de la Russie, tant sur le plan militaire que politique.


