La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a retiré près de la moitié des agréments délivrés dans l’union. Une mesure de sécurité préventive qui permet de renforcer la sécurité de l’épargne des usagers.
» Lorsqu’on collecte de l’argent des populations, il est indispensable que cette activité soit rigoureusement encadrée.Nous avons constaté des pratiques qui n’étaient pas conformes aux dispositions réglementaires », a dit, Sangaré Sèye, adjointe au directeur de la microfinance et de l’inclusion financière à la BCEAO.
A ce jour, le nombre d’institutions de microfinance est passé d’environ 1.000 à près de 500 dans l’ensemble de l’Union. Les établissements qui ne respectaient pas les exigences prudentielles, les règles de gouvernance ou les normes de gestion ont vu leurs agréments retirés. Pour la Bceao, cette mesure constitue une étape nécessaire pour restaurer la confiance dans le secteur et mieux protéger les déposants. « Les institutions qui sont, aujourd’hui, en règle seront accompagnées, afin qu’elles puissent pleinement jouer leur rôle dans le financement des populations et l’inclusion financière », a assuré l’adjointe au directeur de la Microfinance
Les fintechs soumises aux mêmes exigences L’objectif, a insisté Assa Sangaré Sèye, est de favoriser l’innovation tout en garantissant la stabilité du système financier et la protection des utilisateurs. Dans sa présentation, elle est largement revenue sur l’inclusion numérique. D’après cette dernière, en l’espace d’une décennie, l’Uemoa a profondément transformé son paysage financier. Selon les données de la Bceao, le taux d’inclusion financière est passé de 41,7 % en 2015 à 76,1 % en 2025. Une progression spectaculaire portée essentiellement par le développement de la monnaie électronique. Cette évolution s’est accompagnée également d’une forte extension du réseau de distribution des services financiers.
Le nombre de points de services pour 10.000 habitants est passé de 31 à 224 entre 2015 et 2025. Par ailleurs, la densité géographique a fortement progressé, passant de 54 à 563 points pour 1.000 km², rapprochant les services financiers des populations, y compris dans les zones rurales. Pour Mme Sèye, la monnaie électronique représente plus de 60 % du taux d’inclusion financière enregistré dans l’Union.
L’ambition est d’atteindre un taux d’inclusion financière de 90 % de la population adulte à l’horizon 2030. Il s’agit non seulement d’élargir l’accès aux services financiers, mais de garantir aussi que ceux-ci soient adaptés aux besoins des populations, c’est-à-dire accessibles, sécurisés et proposés à un coût abordable.


