Sur le dossier sensible de la dette publique sénégalaise, deux institutions décrivent une même réalité… avec des mots radicalement différents. D’un côté la Cour des comptes, prudente et technique ; de l’autre le FMI, beaucoup plus direct.
La Cour des comptes, elle, n’emploie jamais l’expression « dette cachée ». Son Premier président a d’ailleurs tenu à préciser que ce terme ne figure nulle part dans le rapport. L’institution privilégie un vocabulaire mesuré : « écarts », « discordances », « flux ou dettes non retracés », « situation non exhaustive », « surfinancements » ou encore « dette consolidée ».
Sur le fond, le rapport relève plusieurs anomalies : une situation non exhaustive de la dette garantie, une dette bancaire contractée hors circuit budgétaire et non retracée dans les comptes, des discordances sur l’amortissement et l’encours de la dette publique, des irrégularités dans les surfinancements ainsi que des pratiques affectant la trésorerie de l’État.
Le FMI, lui, ne s’embarrasse pas de circonlocutions. Edward Gemayel évoque une « décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette » et n’écarte pas une « intention explicite de dissimulation ». La porte-parole de l’institution, Julie Kozack, parle pour sa part des « causes profondes de la dette cachée » et de dettes qui n’auraient pas été correctement déclarées.
Source : Senego (Hawa Abdoul Ba).


